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La vie et la conversion de Thomas Merton

La vie et la conversion de Thomas Merton

D’après “La Nuit Privée d´Étoiles”

Du Dr. Getúlio Antonio Bertelli

1. Sa autobiographie
Pour connaître Thomas Merton, la porte d´entrée c´est par le biais de sa autobiographie, nommée « La Nuit Privée d`Étoile ». C´est la traduction contestable du titre original anglais “The Seven Storey Mountain.” parce que la métaphore de la “montagne”, très chère à Merton, a disparu. Il emprunta cette métaphore de Dante Allighieri dans “Divine Comédie”, décrivant ainsi l’ascension vers le Paradis, dirigée par Saint Bernard.
Par ailleurs, la traduction française de la métaphore de “la nuit”, est aussi très chère à Merton : la nuit obscure l´âme, de la violence, de l´injustice et de la pauvreté.
Cette autobiographie était demandée par le premier père Abbé de Merton a l´Abbaye de Gethsemani, au USA, l’Abbé : Dom Frederick Dunne, en 1941, ayant pour objectif la promotion de la vocation monastique. L´œuvre fut publiée en 1948, sept années plus tard après son entrée dans la vie religieuse. Le résultat était plus qu’un simple livre de promotion à la vie monacale, selon la modeste intention de le Père Abbé.
Quand le livre fut publié en 1948, sept années plus tard, après son entrée dans le vie religieuse, le livre devint un best-seller dans le monde entier, traduit dans les plus importantes langues du monde. Mais pour quelles raisons, devint-il un livre de si grande renommée mondiale ? Ce fut une modeste intention, il n’attendait pas à ce que se soit un best-seller.
C’était la période d’après la II guerre mondiale (de 1939-1945) qui provoqua beaucoup de désolation, de destruction, de famine, de désespérance. Avec son livre, Merton a apporté à ses lecteurs, les valeurs qu´il a rencontré au cours de sa solitude monacal Il s’agissait des valeurs fondamentales : la foi, l’amour et surtout l’espérance. C’est pourquoi, cette autobiographie connaît jusqu’à aujourd’hui de nombreuses traductions et rééditions.
Après avoir abordé l’autobiographie de Thomas Merton, nous allons présenté sa vie et sa conversion ainsi que sa mort martyrielle.

2. La vie de Merton
Merton est né en France, dans la région de Provence, à Prades, le 31 janvier 1915. Ces parents étaient artistes, cherchant de beaux paysages pour peindre. Quand il avait un an, ses parents avec lui sont allés aux USA où vivaient ses grand-parents. Sa mère est décédée quand il avait six ans.
Quand il avait 15 ans, son père lui aussi est décédé. Sans père, ni mère, ni amis, il était seul au monde. Il est allé en Angleterre, pour étudier à l’ Université de Cambridge. Mais, il n´y étudia pas. A la nuit tombée, il fréquenta les pubs. Il devint père sans être marié, (comme Saint Augustin). Son parrain qui en avait la charge, pour le punir, l’ envoya de nouveau aux USA, pour vivre avec ses grand-parents.
Aux USA, il étudia à université de Columbarium où il faisait sa maîtrise en littérature. Sa préférence était la littérature médiévale. Un jour, il entra, par chance, dans une librairie à New York et acheta un livre nommée : “L´Esprit de la Société Médiévale”, écrit par Étienne Gilson, spécialiste du moyen-âge. Dans ce livre, Merton découvra la profondeur de la philosophie et de la théologie catholique. Le livre présenta Dieu comme “ens a se”, mots latins qui signifient “sans aucune autre cause que lui-même”.
Au contraire de nous, qui sommes créatures contingentes, temporelles, transitoires. Merton acheta le livre. Mais, quand il vue l’ “imprimatur” qui indiquait qu’il s’agissait d’ un livre catholique, il avait le désir de le jeter à la poubelle parce ce qu’ il avait appris, depuis son enfance avec son grand-père, qui était franc-maçon, qu’il y avait au monde deux grandes superstitions : le judaïsme et le catholicisme romain. Comment la superstition pu être si profonde ?
Merton ne jeta pas le livre à la poubelle, mais il le lit ardemment et avec enthousiasme, et ce livre provoqua sa conversion à la foi catholique !

3. La conversion et la vocation

Quand il étudia à Columbia, les franciscains avaient la charge de l’aumônier de l’université. Merton leur demanda le baptême. Il était baptisé en 1939, à la chapelle Corpus Christi, de l’Université, par l’aumônier franciscain.
Avec son baptême, vint aussi sa vocation à la vie religieuse. Il avait le désir d’être franciscain , c’est-à-dire de vivre à la suite de Saint Francis d’Assis. Mais quand il révéla au procurateur vocationel sa vie d’avant, il ne fut pas accepté par les frères comme séminariste, il fut rejeté.
Quand il révéla son échec à son grand ami et professeur Dan Walsh, celui lui indiqua qu’ à Kentucky, il y avait un monastère trappiste, où l’on vivait comme au Moyen-Age. Merton se décida de faire une retraite là-bas , pendant la semaine sainte, en avril 1941. Ce voyage, par train, dura presque 18 heures. Le premier sentiment ressenti, dès son arrivée au monastère, fut que sa vie était dans ce monastère, comme un amour immédiat, le Paradis qu’il cherchait depuis toute sa vie. Il admira la joie de tous les moines, sa liturgie et son travail manuel d’ agriculteur d’ autosuffisance (presque toute la subsistance de la communauté).
Il reviendra au monastère de cette même année et le 10 de décembre de 1941, Merton entra comme candidat à la vie monastique. Son Père Abbé, Dom Frederick, l’ accueillit sans lui faire de reproches sur sa vie passée de converti, découvrant en lui des talents artistiques et littéraires. C’est pourquoi, il lui donna la charge d’écrire l’histoire de sa vie, sa autobiographie, qui était publiée en 1948 et qui changea radicalement sa vie : anonymat qu’ il cherchait, disparu pour toujours. Il devenait une célébrité reconnue dans le monde entier. Écrivains, politiciens, mais également 2 Papes, lui adressèrent des correspondances pour recevoir ses conseils et son magistère spirituel. Le Pape Jean XXIII avait tous les livres de Merton à sa bibliothèque personnelle, et lui envoya sa étole de coronation papale. Cette célébrité non désirée lui fait peu à peu changer sa cosmovision (sa vision du monde).
En 1958, Merton connut une seconde conversion : ce fut à Louisville (USA), derrière la Cathédrale de l’ Assomption, au Centre Commercial. Il découvrait l’humanité, que Dieu aime, ses anonymes, personnes se promenant dans la rue, sont ses frères et ses sœurs, pour qui Jésus a donna sa vie. Et Merton se demanda : “Que puis-je faire en tant que moine contemplatif pour le bien de l’ humanité ? Quelle est ma contribution à la paix dans ce monde de guerre, de violence et d´injustice ?
Ainsi, il commença à écrire, non plus sur les sujets de contemplation et de mysticisme, mais contre la guerre, contre la violence endémique dans la société d’ USA, en faveur de la communauté africano-américaines. (Il deviendra ami de Martin Luther King).
Ce changement, dans la vie de Merton, ne fut pas accepté par les ultra-cathos, les républicains, qui préféraient voir en lui un moine avec l’habit monastique traditionnel et dans le cloître. Ces ultra-cathos brûlèrent ses livres au centre de la cité Louisville, ils le dénoncèrent au FBI (bureau d’intelligence fédérale) comme communiste, athéiste, antipatriote. Quand il était étudiant à Columba, il participa au mouvement gauchiste. Pourtant, le FBI et la CIA cherchaient une opportunité pour l’arrêter et le tuer.

4.La mort martiriel (en tant que martyr) de Merton

Cette opportunité arriva quand Merton fut invité, par le moine bénédictin Dom Jean Leclerq, à une rencontre inter-monastique d’Asie, à Thaïlande, Bangkok, en 1968. La CIA suivit ses pas quand il a demandé son passeport. Le 10 décembre au matin, Merton fit sa conférence pour les moines et moniales réunis sur un thème très polémique qui fut : “Marxisme et perspective monastique”. Il finit avec ses paroles prémonitoires : “And now, I will disappear” (et maintenant, je vais disparaître). Il n’est pas revenu le soir pour le débat prévu pour le groupe. Sans le voir revenir, les membres du groupe décidèrent de forcer la porte de sa chambre de l’ Hôtel International de La Croix Rouge. Il était déjà mort lorsqu’ils l’ont trouvé. Merton décéda lors mis le pied sur un fils électrique dénudé par le complot préparé par la CIA.
Nous le considérons, en Amérique Latine, comme le précurseur de notre théologie de la libération parce qu’il a uni la mystique c’est-à-dire, un profonde spiritualité de l’ascension vers Dieu avec la compassion pour toute l’humanité, c’est-à-dire : la solidarité, la tendresse et l´amour préférentielle pour ceux que Dieu même a choisi : les pauvres, sans dignité, sans argent, sans biens.
Pour nous, Merton est un martyr, un Saint non canonisé c’est-à-dire non approuvé par la bureaucratie Vaticane, canonisation très onéreuse. Il n’est pas le type de saint qu´ils désiraient là-bas. Mais pour nous, pour l’Amérique Latine, il est considéré comme une icône de la vrai humanité, le paradigme (modèle, exemple) de l´éthique de altérité, de vivre pour Dieu et pour les autres. Il fit l’ humanité avancer vers un autre monde possible, plus pacifique, plus juste, plus solidaire dans notre société narcissique. Avec ses écrits et avec l’exemple de sa conversion de sa vie et de sa mort, il inspira à beaucoup de gens à revenir vers Dieu et vers l’ Église.

En synopsis, trois dates sont à retenir sur la vie de Merton :
1948 : la publication de sa autobiographie : « La nuit privée d’étoiles »,
1958 : la conversion à la compassion à Lousville,
1968 : sa mort martirielle.

C’est la raison pour laquelle que nous pouvons dire :

SAINT THOMAS MERTON, PRIEZ POUR NOUS !

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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