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Neuvaine préparatoire à la Pentecôte

BASILE LE GRAND

L’EAU ET L’ESPRIT

Le dessein de Dieu, notre Sauveur, sur l’homme, consiste à le ramener de son exil, à le rappeler à une relation familière avec Dieu en mettant fin à l’inimitié créée par sa désobéissance. Telle est la raison de la venue du Christ dans la chair, de l’exemple de sa vie dans l’Évangile, des souffrances, de la croix, de l’ensevelissement, de la résurrection : de la sorte l’homme sauvé par l’imitation du Christ, recouvrirait l’antique adoption filiale.
Pour mener une vie parfaite, il est donc nécessaire d’imiter le Christ, non seulement dans les exemples de douceur, d’humilité, de patience, qu’il nous a laissés pendant sa vie, mais dans la mort même, comme le dit saint Paul, l’imitateur du Christ : “Lui devenant conforme dans la mort, afin de parvenir, si possible, à ressusciter d’entre les morts”.
Comment donc lui ressembler dans la mort ? En étant ensevelis avec lui par le baptême. De quelle manière être enseveli ? Quel avantage tirer d’une telle imitation ? D’abord il est nécessaire qu’il y ait rupture avec le cours de la vie passée. Cela ne peut se faire à moins de “naître d’en haut”, selon la parole du Seigneur. Car une nouvelle naissance, comme le mot l’indique, est le commencement d’une autre vie. Aussi, pour commencer cette autre vie, faut-il mettre un terme à la précédente. Lors du baptême, le corps des baptisés est comme enseveli dans l’eau. Le baptême suggère donc symboliquement une déposition des œuvres de la chair.
Aussi ne connaissons-nous qu’un seul baptême pour le salut, car il n’y a qu’une seule mort pour le monde, et il n’y a aussi qu’une seule résurrection des morts. De l’une et de l’autre le baptême est type. Ainsi s’explique-t-on que le Seigneur, dispensateur de notre vie, ait institué avec nous l’alliance du baptême qui comprend un type de mort et de vie : l’eau y réalise l’image de la mort et les arrhes de la vie sont fournies par l’Esprit.
Et voilà mis en pleine lumière ce que nous recherchions : pourquoi l’eau est jointe à l’Esprit. C’est que le baptême vise un double but : abolir le corps du péché pour qu’il ne fructifie plus pour la mort ; vivre de l’Esprit et porter des fruits de sainteté. L’eau, d’une part, offre l’image de la mort quand elle reçoit le corps comme dans un tombeau ; l’Esprit, d’autre part, infuse la force vivifiante en faisant retrouver à l’âme morte dans le péché, la vie qu’elle avait à l’origine. Voilà donc ce que signifie : “renaître d’en haut” de l’eau et de l’Esprit : on trouve la mort dans l’eau ; la vie nous est fournie par l’Esprit. Le grand mystère du baptême s’accomplit donc en trois immersions et autant d’invocations.
C’est assurément pour nous préparer à vivre en ressuscités que le Seigneur nous prescrit la douceur, l’abandon, une vie détachée, qui ne recherche pas la jouissance. De la sorte, en adoptant ce que possédera la vie future, on se maintient de propos délibéré dans la droite ligne. Et si quelqu’un définissait l’évangile comme une préfiguration de la vie de ressuscité, je crois qu’il ne se tromperait pas.

Traité du Saint-Esprit, XV, 35-36.

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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