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Sollennité de Pentecôte

Homélie

Avez-vous déjà vu des gens qui exultent de joie en revenant d’un adieu à un proche ou sortant d’un cimetière ? Et pourtant c’est ce que nous dit Luc : après l’ascension de Jésus, les apôtres « retournèrent à Jérusalem en grande joie. »
Cette joie ne vous semble-t-elle pas anormale ? Comment l’expliquer ?
Le Christ, quittant ses apôtres, leur a donné non seulement sa paix mais aussi sa joie. Alors qu’ils auraient été plutôt tentés de pleurer et de se lamenter du départ de celui auquel ils tenaient tant et qu’ils appelaient ‘Rabbi, Maître’, ils sont dans la joie !

Avec lui, ils avaient vécu une aventure extraordinaire. Ils ne savaient pas qu’elle ne faisait que commencer ! Jésus leur avait bien promis : « je reviendrai vers vous » ; mais on n’avait jamais vu quelqu’un revenir de chez les morts. Cependant, ils avaient observé la recommandation de Jésus : rester à Jérusalem dans la prière.

Alors quelle est cette promesse de Jésus ?
Les Actes nous la racontent dans sa réalisation initiale, dans tout son éclat et dans toute sa splendeur, la plus spectaculaire sans doute, et en même temps dans toute sa réalité
l’avait déjà annoncée et déjà commencée : « voici que je fais toute chose nouvelle, ne le voyez-vous pas se manifester en germe ? »Avec la venue de l’Esprit se réalise cette promesse d’Isaïe ; elle sera reprise dans l’Apocalypse : « voici que je fais toute chose nouvelle ».

Qu’est-ce qui change à la Pentecôte ?
La Pentecôte était pour les Juifs l’une des plus grandes fêtes de l’année. Ce matin là, le jour de Pentecôte, le peuple juif commémorait le don de la Loi et l’Alliance du peuple avec Dieu, au Sinaï et en célébrait l’aboutissement et le couronnement. Cette alliance et la Loi du Sinaï, le Christ était venu les accomplir en révélant à ses contemporains que ce Dieu qu’il nommait « abba, papa, les avait appelés, et que la Loi unique il l’avait résumée dans le commandement de l’Amour de Dieu et des frères. Jésus lui-même en avait donné l’exemple toute sa vie durant, jusqu’au don total par amour.
Cette Pentecôte allait être aboutissement de toutes les autres Pentecôte et lui donner son sens final. « Comme Moïse était monté vers la nuée pour rapporter au peuple la Loi de Dieu, le Christ était monté au Ciel pour répandre l’Esprit de l’Alliance nouvelle ».
La venue de l’Esprit à cette Pentecôte allait être une sorte de bing-bang, unique dans l’histoire du monde, dont les effets nous atteignent encore aujourd’hui et dont nous arrivons à peine à prendre la mesure. En quoi sommes-nous touchés encore aujourd’hui ? Tout simplement parce que l’Esprit de Jésus vient demeurer au cœur des siens, au cœur de l’homme, de tout homme.
Sans nous attarder sur les événements, nous allons voir quels effets, quel sens cet événement a pour nous aujourd’hui. « Tout à coup il y eut un bruit qui venait du ciel comme le souffle d’un violent coup de vent : la maison où ils se tenaient en fut toute remplie ; alors leur apparurent comme des langues de feu qui se partageaient et il s’en posa sur chacun d’eux. Ils furent tous remplis d’Esprit Saint et se mirent à parler d’autres langues, comme l’Esprit leur donnait de s’exprimer. »
« Un bruit, un souffle comme un violent coup de vent, tel que la maison en fut toute « remplie. » Le cœur des apôtres, des disciples, est rempli de l’Esprit.
Un feu se répand et se partage sur chacun d’eux : les disciples, « prennent soudain feu » c’est le feu de l’Esprit qui les comble, et leur brûle le coeur.
Comme une étincelle allume un feu dans une maison et le propage jusqu’à atteindre et embraser dehors la foule présente.
_ Délivrés de leur timidité, ils se mettent à raconter la merveilleuse histoire qu’ils viennent de vivre avec Jésus Christ et qui les a totalement transformés. Ce Jésus n’est pas loin, ils le sentent vivant en eux, ils ne savent pas pourquoi mais ils parlent.
Et voilà que toute la foule venue des quatre coins du monde connu à l’époque, les entend proclamer les merveilles de Dieu, chacun dans sa langue.
La maison des apôtres est trop petite, elle ne peut rester fermée sur elle-même, sur le peuple d’Israël, elle doit s’ouvrir aux dimensions du monde.
Le feu de l’Esprit les projette dehors à la rencontre des étrangers pour leur dire la merveille de l’amour de Dieu qu’ils ont découvert en Jésus qui a été rejeté, crucifié et que Dieu a ressuscité des morts.
Ils savent ce qui leur est arrivé : c’est l’Esprit promis par Jésus qui les a rejoints et qui maintenant habite au plus profond de chacun d’eux. L’Esprit de Jésus : c’est lui qui a transformé leur peur en audace contagieuse, leur étroitesse de vue en vision mondiale : ils iront jusqu’au bout du monde. Ils sont renouvelés : le souffle de Jésus sur eux évoque la première création de l’homme. Il s’agit bel et bien d’une nouvelle création, d’une véritable résurrection à la suite de celle de Jésus.

Qu’est-ce qui est changé ? Désormais Dieu habite le cœur de l’homme, du croyant. C’est là qu’il a établi sa demeure, sa résidence.
Nous disons bien « notre Père qui es aux cieux », c’est bien vrai mais aussi il faut aussitôt dire que la résidence de Dieu est l’homme, tout homme de bonne volonté : il ne force pas mais se tient disponible pour chacun.

L’Esprit va être la puissance de salut que Jésus a déployée et que les disciples vont maintenant, en communion avec lui, manifester sur toute la terre
Ils n’ont plus qu’à révéler aux hommes que l’Esprit est donné en vue d’un renouvellement de toute l’humanité par le pardon des péchés. Les disciples seront désormais les mains de la miséricorde de Dieu à l’égard des hommes et des femmes qui croiront en lui.

Il revient vivre en nous le don de l’Amour, sommet de ce don d’amour infini du Père manifesté à la croix, que Dieu veut faire à l’humanité.
C’est un don d’amour dans la chair, bien concret, pas illusoire : un don d’amour qui nous touche personnellement par l’Esprit qui nous est donné et qui nous comble au delà de tout ce que nous pouvons imaginer.
L’Esprit c’est l’amour de Dieu manifesté à la croix et donné, répandu sur toute l’humanité lorsque Jésus remet son dernier souffle et qui nous atteint, personnellement, au plus intime de notre être ; d’une manière tellement discrète que sans la foi nous n’arrivons pas à le reconnaître. Jean dit bien : « le monde ne peut le reconnaître. »
Ce que Jésus réalise c’est le passage d’un monde de refus, du mal à un monde de lumière, d’ouverture et d’amour.
C’est l’Esprit d’amour de Jésus qu’il a manifesté tout au long de son existence qui nous est partagé en plénitude. Il nous rejoint afin que nous puissions à notre tour continuer son œuvre d’AMOUR AU CŒUR DU MONDE.

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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