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Toussaint 2012

Toussaint 2012

Homélie

Il ne faut pas nous méprendre, il ne s’agit pas de la fête des morts, des fidèles défunts.
Ce n’est pas la fête des morts, mais celle des vivants, la fête de tous nos aînés dans la foi qui ont suivi Jésus sur le chemin des béatitudes et qui, arrivés au terme de leur pèlerinage, sont à jamais associés à sa gloire.
Une fête qui est née au XVIIIe siècle en pays celtique.
Au seuil de l’hiver, l’Eglise nous propose cette vision de gloire pour nous inviter à vivre dans l’espérance, et nous rendre conscients de notre solidarité avec tous ceux qui sont entrés dans le monde invisible. C’est toujours cette espérance qui nous manque et que l’Eglise désire cultiver, animer et réanimer.
Etre saint : n’est-ce pas viser un peu trop haut pour nous, les hommes ?
Nous tenterons de jeter un regard vers ceux que nous fêtons et entendre le message qu’ils désirent nous faire parvenir en ce jour.

L’apocalypse : est le dévoilement de l’avenir de Dieu à des persécutés. Dieu désire soutenir leur espérance et pour cela il laisse entrevoir la face cachée de l’histoire des hommes.
Cette histoire, quoiqu’il en paraisse est entre les mains de Dieu, elle est celle du Christ, le vainqueur de la mort et du péché. Cette façon de dévoiler l’histoire à ceux qui souffrent et croient en lui, devient un chemin de lumière.
Cet avenir est celui de l’aboutissement de la libération de l’homme, inaugurée par la victoire du Christ sur la haine et la mort. Christ nous ouvre un chemin de lumière, de libération mais comment concrètement le vivre ? Les béatitudes que nous venons d’entendre sont le porche d’entrée de la route que le Seigneur nous ouvre, et les jalons, comme des points de repère tout au long de celle-ci.

Notre lecture célèbre avant tout l’espérance des 144.000 baptisés appelés à vivre l’aujourd’hui de Dieu dans les tribulations de la grande épreuve des persécutions.
La vision de la foule immense (de toutes nations, races, peuples et langues) symbolise l’Eglise née du peuple juif et désormais ouverte à tous les hommes. Au centre de cette grande liturgie céleste notre Dieu, lui, siège sur le trône près de l’Agneau, le Christ vainqueur de la mort.
Quatre mots nous disent que toute l’humanité est là dans sa diversité : nations, races, peuples et langues. La foule immense du monde à venir ne sera que bonheur.
C’est tellement incroyable que la description insiste et appuie sur le négatif : « ils viennent de la grande épreuve, mais ils n’auront plus faim, ils n’auront plus soif, le soleil ne les brûlera pas ». Il fallait, et il faut bien, que nous soit dit cela pour nous arracher aux peurs qui envahissent nos vies et le monde d’aujourd’hui.

Dans l’épître de Jean nous avons un texte fondamental du Nouveau Testament, pour nous dire que l’expérience de Dieu et de son amour, personne d’autre ne peut le faire à notre place. Jean Lui même en est tout émerveillé. Il est comme incapable de s’exprimer et de décrire alors il nous invite à voir par nous même.
Il nous invite à nous émerveiller de l’amour dont Dieu nous aime :
« Voyez », dit Jean, « voyez quel amour le Père nous a donné, puisque nous sommes appelés enfants de Dieu ! Et nous le sommes ». Sur ce point, Jean ne laisse subsister aucun doute. Nous ne sommes pas, seulement appelés enfants de Dieu, nous le sommes réellement. C’est quelque chose de tellement fort qu’il en résulte que le monde ne nous connaît pas, il ne peut pas imaginer de quoi il s’agit et ne peut absolument pas comprendre ce que nous vivons.

Certes, nous sommes enfants de Dieu mais ce que nous serons n’a pas encore été manifesté. Nous avons à vivre et à assumer tous les jours le fait d’être enfant de Dieu. Luther priait chaque jour : « O Dieu, donne-moi le courage aujourd’hui d’assumer mon baptême ». Nous avons à devenir ce que nous sommes. Devenir enfant de Dieu n’est pas avant tout un titre de gloire, c’est un appel quotidien, une exigence de notre vocation chrétienne. Au dernier jour, « lorsqu’il paraîtra », nous découvrirons en nous les traits de son visage. Nous serons comme Jésus, son Fils Bien-Aimé. Et ce sera encore cadeau de sa part.

Qu’est-ce que c’est cet « enfant de Dieu » que nous sommes ? Comment vivre en enfant de Dieu ?
Jean s’extasie devant la réalité d’un tel amour : il n’invente pas, il prend conscience de l’identité du fils d’un tel Père. Il a sous les yeux l’exemple de Celui qui, le Premier s’est déclaré Fils de Dieu…qu’il a vu de ses yeux, entendu.
Le premier don, la première merveille c’est celle d’être enfants de Dieu et de fait nous le sommes.
*Enfant de Dieu ça veut dire que nos « gènes » sont divins : il y a en nous cette dimension divine difficile à imaginer.
*Enfants de Dieu, nous le sommes et le devenons par ce don gratuit de l’agapè qui nous rend semblables à Lui et met en nous un même désir, une même volonté.
Cette transformation n’est pas fruit d’une ascèse, mais un Don, œuvre de l’amour de Dieu qui opère en nous. Un don sans cesse à recevoir pour qu’il soit vivant et porte du fruit.
L’amour donné est tellement grand et fort que nous risquons même de ne pas le voir. Quand une réalité est trop grande on ne la voit pas. Pourquoi ?
Réapprendre à « voir » (comme l’écoute) les merveilles d’amour de Dieu pour moi, pour votre communauté. C’est un don que nous fait le Père, tellement grand que nous ne voyons pas et heureux serons-nous lorsque nous pourrons dire : « je ne savais pas que Dieu m’aimait autant »

Les béatitudes ne sont pas un code de bonne conduite, mais elles nous révèlent le cœur de Dieu, le secret de Jésus, le secret de son bonheur.
Ce cri de Jésus « heureux », il le dit réellement parce qu’avant tout il se réfère à son Père. Jésus est heureux à la manière de son Père, de Dieu : Dieu est pauvre, il est doux.
« Le Dieu que chante l’Eglise, en célébrant la Toussaint, n’est pas un souverain qui distribuerait couronnes et lauriers aux plus méritants de ses sujets. Le Dieu de la Toussaint est un Dieu qui accompagne les hommes dans l’aventure de la sainteté. Il se penche avec tendresse sur les visages où l’on ne décèle plus la trace de sa beauté ; il fait briller son souvenir dans les cœurs où il était absent ; il redresse les courbés, relève les abattus, ranime les désespérés ; il comprend et apaise les révoltés ; il pardonne, remet en chemin, prend la tête du cortège, revient en arrière porter ceux qui peinent…Le Dieu de la Toussaint est d’une infatigable fidélité. Et c’est à cause d’elle qu’existent dans le ciel et aussi sur la terre, grands et petits, illustres ou obscurs, ‘les saints et les saintes de Dieu’. Puisqu’il œuvre passionnément pour le bonheur de l’homme, puisqu’il a jeté toutes ses forces dans la bataille et placé en première ligne son Fils bien-aimé, comment pourrait-on douter de rejoindre un jour la troupe étincelante et rieuse des saints ? » Yves Quellec -Bonne Nouvelle !

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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