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Vendredi Saint -LE COMBAT CONTRE LA MORT

PROCLUS DE CONSTANTINOPLE

LE COMBAT CONTRE LA MORT

Voici les mystères terribles de la bataille de ce jour, les effrayants trophées de la guerre contre l’enfer ; l’indescriptible totale destruction de l’antique tyran. Plus grande qu’on n’aurait pu l’espérer est la victoire qu’a remportée pour nous celui qui a pris notre chair. Car, mort, il se battra contre la mort ; Dieu fort et puissant, il déchirera l’enfer. Quelle parole sera digne de raconter cette merveille ? Quelle langue retracera ce terrible conflit ?
Car aujourd’hui le signe donné par les oracles prophétiques s’accomplit, aujourd’hui, sans s’en douter, l’enfer va cracher son venin, aujourd’hui la mort reçoit un mort qui est toujours vivant, aujourd’hui sont dénoués les liens que le serpent avait noués dans le Paradis, aujourd’hui le larron va faire un trou pour pénétrer dans le Paradis gardé depuis des milliers d’années par un chérubin au glaive flamboyant. Aujourd’hui une lumière brillant dans les ténèbres va vider le trésor de la mort. Par son entrée dans la prison, un Roi est consacré ; il brise les portes d’airain et fait sauter les verrous de fer, lui qui avalé en tant que simple mort, dévore l’enfer par le feu en tant que Verbe. Aujourd’hui la grande pierre d’angle, le Christ, bouleverse les vieilles fondations de la mort, il en retire Adam et en ramène Abel sain et sauf ; aujourd’hui ceux qui pleuraient jadis, ceux que la mort puissante avait avalés, crient à haute voix : "Où est, ô mort, ta victoire, où est, enfer, ton aiguillon ?".
Voyez, en ce jour, la méchanceté du diable envers celui qui ne méritait pas la mort : il arme des serviteurs pour le saisir, achète Judas pour le trahir, fait trébucher Pierre pour le renier, anime de rage les soldats pour le gifler, pousse Pilate à l’interroger, excite la foule à l’émeute, voulant savoir qui est le Seigneur. Mais lui, courageux, se tient debout, supportant l’odieux forfait, pour effacer la malédiction.
C’est pourquoi, comme toute joie est exclue des villes à la mort d’un roi, ainsi en ce jour toute la création renie sa splendeur. Le ciel se noircit de ténèbres ; le soleil, tel un serviteur qui aime son maître, replie ses rayons, les astres bouleversent leur cours ordinaire, le temple, dans sa douleur, déchire son vêtement, la terre en pleurs, ne se frappe pas de ses bras, mais fend les rochers.
Tous les prophètes arrivent, ils interrogent le Seigneur et disent : "Que sont ces plaies au milieu de tes mains ? Comment la souffrance a-t-elle osé t’atteindre ? N’es-tu pas Dieu ? Mais Dieu est insaisissable ! Comment ceux qui t’ont mis en croix ne t’ont-ils pas respecté ? Ne se sont-ils pas souvenus de tes bienfaits ?" Que leur répond le Seigneur ? "Ces plaies sont celles dont, de mon plein gré, j’ai été blessé dans la maison de mon Bien-Aimé. D’Égypte, j’ai transplanté ma vigne ; je l’ai arrosée au passage de la Mer Rouge, je l’ai bêchée par des phénomènes effrayants, je l’ai taillée par la circoncision, étayée par les prophètes, entourée de la clôture de la Loi. Et j’en attendais des grappes bien mûres, mais elle ne m’a donné que des épines, non pas la justice, mais un cri de haine !".
Discours pour Pâques. P.G. 65, col. 784-785

 

Saint Bernard,

 
 

 

 

 
 
 

 

 
 

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